« Circulation alternée : la météo au secours des politiques »

 

 

FIGAROVOX/HUMEUR – Christian Combaz a observé le ciel, dimanche à Paris, et pense, comme beaucoup, que la circulation alternée ce lundi n’ est appliquée que par acquit de conscience.

 

Il y a six jours, lorsque l’idée de la circulation alternée à Paris a commencé à agiter les esprits, on sentait déjà que le scénario allait tourner comme d’habitude. Mais on n’osait pas le dire pour ne pas être suspecté de faire du mauvais esprit, même si la dernière tentative a donné le même résultat pour les mêmes raisons: passé le délai légal de tergiversations inutiles, augmenté du coefficient multiplicateur socialiste (entre 8 et 12), la décision de purifier l’air parisien a donc été prise alors que la météo annonçait un vent de 25 à 30 km/h pour dimanche, vent qui n’a pas manqué de se lever dans la nuit de samedi en provenance du Nord Est.
Passé le délai légal de tergiversations inutiles, augmenté du coefficient multiplicateur socialiste (entre 8 et 12), la décision de purifier l’air parisien a donc été prise.
Le dimanche, des cumulus bien pommelés sont apparus sur la capitale, et leur défilé incessant laissait présager un fiasco administratif pour le lundi matin: eh bien, nous y sommes. On maintient le dispositif par acquit de conscience. Les radios annoncent qu’on verbalise et qu’il faut protéger ses bronches, alors que le ciel est pur et le vent léger.
Si l’on s’aperçoit que les 750 policiers déployés aux portes de Paris accomplissent un travail rendu inutile par les conditions atmosphériques, les commentaires ne manqueront pas de souligner le côté Gamelin de cette opération écologique en pleine période de vigilance anti-attentats . Ils évoqueront la parfaite absence de coordination entre la ministre de l’Écologie et la maire de Paris, la mobilisation à contretemps d’une partie de la police qui serait plus utile ailleurs, une lourdeur propre à mécontenter tout le monde à la fois: le camionneur, la mère de famille, la Préfecture de Paris, les écologistes et ceux qui ne les aiment pas, et surtout les ennemis de l’hypocrisie qui vont être aux premières loges.
Cette histoire de purification de l’air le jour où on oublie de relever les compteurs réussit, une fois de plus, le prodige d’unifier, de fédérer les mécontents contre un minotaure unique: celui de l’inefficacité bavarde qui se contente d’une apparence, d’un simulacre, d’une illusion de vertu et de détermination. La seule chose qui manque, pour que l’illusion soit complète, serait de gagner les élections grâce à ce genre de subterfuge une fois de plus, mais visiblement, il est devenu insuffisant.

Par Christian Combaz, journaliste chez le FIGARO

23/03/2015