Pollution particules « Feux de cheminée » Ségolène Royal sanctionnée par la justice

Paris, le 8 juillet  2015

Communiqué de presse

 

Le 3 juillet 2015, le tribunal administratif de Paris a fait droit à la requête d’Ecologie sans frontière (ESF), association de protection de l’environnement, tendant à l’annulation de l’arrêté inter-préfectoral du 21 janvier 2015, qui avait lui-même rétabli l’autorisation des feux de cheminée à Paris et en Ile-de-France sur instruction directe de la ministre de l’écologie et de l’environnement.

 Rappel des faits :

 Le 25 mars 2013, les différents préfets de la région Ile-de-France décidaient, par un arrêté commun, l’interdiction de la pratique des feux de cheminée à Paris et dans 435 communes avoisinantes, à compter du 1er janvier 2015, afin de lutter efficacement contre la pollution de l’air et pour la protection de la santé publique.

Il faut savoir, en effet, que la combustion du bois de chauffage est l’un des principaux facteurs d’émission des particules fines dans l’atmosphère, les PM10 et surtout les PM2,5. Ces dernières particules sont les plus dangereuses pour la santé de l’homme car, en raison de leur très petite taille, elles pénètrent jusqu’au fond des alvéoles des poumons et sont cancérigènes.

L’interdiction des feux de cheminée s’est toutefois heurtée à une résistance inattendue de la ministre de l’écologie et de l’environnement, qui a usé de tous les pouvoirs dont elle dispose pour faire abroger l’arrêté inter-préfectoral du 25 mars 2013.

Invoquant tour à tour le refus de l’écologie « punitive », la défense de la filière-bois et le caractère convivial des flambées de Noël entre amis, elle a intimé l’ordre aux préfets d’abroger leur propre arrêté du 25 mars 2013, considérant sans doute que la santé des Franciliens n’avait pas vraiment d’importance.

Le tribunal administratif de Paris, à la requête d’Ecologie sans frontière, vient de lui donner tort.

Suppression de l’écotaxe, refus de la circulation alternée lors des pics de pollution, réintroduction de l’autorisation des feux de cheminée, incitation fiscale au diesel, remplacement des trains régionaux par des cars, projets de gratuité des autoroutes le week-end, abandon du principe pollueur/payeur, soutien aux fermes industrielles et à l’agriculture intensive, artificialisation croissante des sols, pollution des nappes phréatiques et des cours d’eau, la politique menée par le gouvernement, au nom du refus de l’écologie punitive, consiste en un recul général de la défense de l’environnement, en un détricotage de la réglementation protectrice, au profit des lobbys et d’une activité économique anomique.

Comme l’observe Franck Laval, l’un des fondateurs d’ESF, refuser de recourir à l’écologie punitive ne veut rien dire car c’est toute la population qui finit par être punie, notamment les personnes les plus vulnérables qui sont quotidiennement exposées aux polluants les plus nocifs.