« Sète sera ville étape » de la course de Florence …

 

 

Nautisme: Jean-Yves Leber est le référent écologie de la course créée par Florence Arthaud

Comment êtes vous arrivé dans l’aventure Odyssée des femmes?

Florence Arthaud a eu, dès 2013, l’idée de créer cette course réservée aux femmes. Elle s’est ensuite rapprochée
de Sport TG pour que cette société devienne organisatrice. Je connais quelqu’un qui y travaille et j’étais l’écolo de la bande. On m’a dit: “Tiens, tu t’occuperas du volet environnemental”.

L’environnement fait-il partie des concepts de la course?

Tout à fait. Florence était une fille extraordinaire, toujours prête à s’impliquer auprès des autres. Pour les enfants handicapés, pour Sea Shepherd… Et là, c’était son propre projet. Une nouvelle étape de sa vie. Elle voulait lancer une course à voile sur la Méditerranée pour les femmes. Durant sa carrière, elle s’est en effet
confrontée au côté macho des marins. L’idée est d’avoir une navigatrice et une équipe amateur de quatre femmes.
L’autre concept qui lui tenait à coeur était de revenir aux sources de la voile. Loin du high-tech d’aujourd’hui. Elle voulait louer le même type de voilier pour tout le monde. Des voiliers habitacles de plaisance. Qui n’auront donc qu’un impact minimal sur l’environnement puisqu’il n’y aura aucun besoin de les créer. Tout cela se double
d’une réflexion sur l’environnement des villes étapes: l’étang de Berre pour Marseille, celui de Thau pour ici, la lagune de Nador… Bref, c’est tout l’inverse des grandes courses que l’on peut voir aujourd’hui.

Justement, Florence Arthaud voulait faire partir cette Odyssée depuis Sète…Elle avait un bon souvenir de Sète et
notamment de ses passages à la base Tabarly. Elle pensait donc que l’on pourrait partir d’ici. On est rentré en contact avec les institutions locales. La Ville a finalement réagi mais toujours pas la Région. Et puis
Marseille, que Florence avait contactée au tout début, s’est positionnée. Sète ne sera pas ville de départ, mais ville étape, le 30 août.

La course aura donc lieu?

Oui, ce sera une forme d’hommage. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait accepté de participer à l’émission “Dropped”. C’était pour s’offrir une lucarne promotionnelle sur sa course et récupérer de l’argent pour
boucler le financement du projet. Je l’ai vue s’entraîner pour être en forme. C’était impressionnant.

Quel est le parcours de l’Odyssée?

La course s’étendra sur un mois. On fait le prologue entre Port Camargue, où se trouvent les bateaux, et Marseille le 25 août. On part de Marseille le 29. Le 30 on est à Sète, possiblement devant La Marine. Ensuite nous ferons une étape en Espagne avant de rallier Nador, puis Alger, Gammarth puis Ajaccio. On est en contact avec Saint-Tropez pour l’arrivée.

Symboliquement c’est le soutien historique de Florence Arthaud – Pierre Ier – qui sera le sponsor de cette épreuve.

Combien coûte l’accueil d’une étape? Et l’armement d’un bateau?

Pour une étape, c’est de l’ordre de 50000 €. Nous n’avons d’ailleurs aucune nouvelle du tissu économique local qui pourrait s’impliquer dans cette aventure. Pour un bateau, c’est autour de 65 000 €. Je précise que la moitié des gains de cette épreuve – s’il y en a – iront dans un fonds de dotation.

Combien y aura-t-il d’équipages?

C’est encore un peu tôt. Mais on devrait avoir un équipage d’Algériennes, de Sénégalaises, de Marocaines, de
Marseillaises, de femmes handicapées. J’ai aussi contacté le Parlement et le Sénat pour leur proposer de créer un équipage. Symboliquement, ce serait fort.

Recueillis par PHILIPPE MALRIC
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de la course de Florence
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